Confidences d’une blogueuse

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous mon expérience personnelle en tant que blogueuse. Je n’ai pas de trucs ou outils à donner à personne, parce que j’apprends encore énormément, même après presque deux ans d’existence dans la blogosphère. Je ne vous dirai pas ici ce qu’il faut faire pour avoir un blog à succès, parce que moi-même je n’ai pas vraiment de réponse.

Mon blog est lu, ça je le sais, mais sans plus. Mes statistiques ne sont pas ce que je voudrais qu’elles soient, mais j’essaie de ne pas trop m’attarder aux chiffres. Je vais parler de mon point de vue de blogueuse qui n’est pas nécessairement ben ben populaire.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’être blogueuse, ce n’est pas mon métier. Je ne vis pas de ça (genre, pas pantoute), j’ai un travail à temps plein. Je ne peux pas consacrer autant d’heures à mon blog que quelqu’un qui vit de ça. 24 heures dans une journée, c’est pas beaucoup, et je manque souvent de temps. C’est impossible pour moi de publier des articles tous les jours. Si je le faisais, la qualité serait discutable et je ne veux surtout pas ça. J’écris quand j’ai vraiment quelque chose à dire; pas parce qu’il le faut. Je publie une fois que je suis satisfaite à 100% d’un article, sinon j’oublie ça.

La réalité, c’est qu’avant de me lancer en 2013 et acheter mon propre domaine, j’avais aucune idée dans quoi je m’embarquais. Normal, je n’avais jamais fait ça avant. Étant la fille orgueilleuse que je suis, il était hors de question que je demande de l’aide à qui que ce soit. Aujourd’hui? Même chose. Même maudite tête de cochon qui veut tout faire elle-même, coûte que coûte. Mon blog, c’est mon projet, mon bébé, et j’ai besoin d’avoir la satisfaction de tout faire de A à Z.  Je me suis vite rendu compte que ce n’était pas une tâche aussi facile que ça en à l’air de l’extérieur. J’ai sous-estimé beaucoup de choses, mal évalué un paquet d’affaires.

Ne vous méprenez pas. J’adore bloguer. J’en mange, j’y pense 24/24. Autrement, vous ne seriez pas en train de me lire. Il faut justement aimer ça beaucoup beaucoup, parce que sinon, ça ne serait juste pas possible. Peut-être que le fait d’être over perfectionniste me rend la chose un peu plus ardue, mais je m’impose une éthique de travail que je me dois de respecter. Avant d’avoir mon propre blog, je ne pouvais pas voir l’envers du décor. Je lisais (et lis encore) énormément de blogs, mais tout ce que je voyais, c’était le résultat final: un article publié sur un site web. Tout ce que je pouvais admirer, c’était le talent d’écriture de telle ou telle personne. Mais je crois que c’est important que les gens comprennent tout le travail qu’il y a derrière un article et la gestion complète d’un blog.

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1) Le côté technique. Personnellement, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai voulu m’arracher les cheveux de sur la tête suite à des problèmes informatiques. J’avais pratiquement aucune connaissance de WordPress et en plus, ça prend un domaine, un hôte, un ci et un ça et 49483 machins trucs?? Assez pour vouloir baisser les bras juste là. J’en ai passé, des heures à résoudre des énigmes technologiques. J’ai lu, j’ai abusé des forums de support technique et j’en ai sacré un coup. Tout ça peut vite devenir très frustrant et démotivant. Quand un truc ne fonctionne pas, j’ai rarement la réponse en moins d’une demi-heure. Je zigonne, je gosse, mais je n’abandonne jamais. Ça fait aussi partie de ma fierté.

Quand tu écris sur un blog, évidemment, tu veux rejoindre le plus de lecteurs possible. Le terme SEO (Search Engine Optimization), ça vous dit quelque chose? Je connaissais pas moi non plus, mais c’est un principe crucial pour quiconque possède un site web. C’est un autre monde que j’ai découvert sur le tas, comme on dit.  Indexer son site sur les moteurs de recherche, faire en sorte que chaque article soit seach engine friendly. Encore une autre partie que j’ignorais.

2) Les réseaux sociaux. Quand t’as un blog, tu dois être présente là où les lecteurs le sont aussi. Twitter, Facebook, Instagram, Pinterest… Ça semble banal, mais encore une fois, ce n’est pas aussi évident que ça. Dans mon cas, c’est le manque de temps, encore, qui me nuit. J’essaie d’être partout en même temps, mais c’est de la job ça, les amis. Je n’ai pas toujours quelque chose à prendre en photo ou à dire.  Résultat: par moment, je brille par mon absence. Je ne peux quand même pas publier des conneries juste pour dire « Allô! Je suis branchée!! » Parfois, je ne sais plus comment gérer tout ça et je me demande pourquoi il y a autant de réseaux sociaux? Me semble qu’un seul ou deux au pire, ça ferait l’affaire.

3) La visibilité. La clé, c’est de ne pas attendre un miracle en peu de temps. Ce n’est pas chose facile de se faire connaître. On y parvient, mais non pas sans efforts et persévérance. Bosser des heures sur un article qui récolte qu’une poignée de vues? Rien de plus triste et décourageant. L’impression de tout faire ça pour rien, la remise en question, aussi. Se dire que finalement, peut être qu’on n’est pas si douée que ça, douter de son propre talent et de ses aptitudes. Même si bien souvent, le problème est seulement le manque de visibilité. Il faut se faire voir et se démarquer; ça demande du temps. Le web ne manque surtout pas de blogs, donc comment ressortir du lot? Il faut trouver sa propre réponse. L’idée d’abandonner m’est souvent passée par la tête, je me disais dis à quoi bon? Qui me lit de toute façon? Mais j’ai une petite voix dans ma tête qui me dit de continuer et c’est ce que je fais.

4) Le PR (les relations publiques). Les blogueuses/blogueurs ont un énorme pouvoir: celui d’influencer le public. Beaucoup d’entre nous vantent les mérites d’une tonne de produits tous les jours, sans même avoir été payé pour. Les compagnies ont compris la game: c’est un marché qui rapporte. D’où le pourquoi que beaucoup de produits à tester nous sont envoyés. C’est quand même agréable d’avoir une petite récompense pour le travail fait, si on s’arrête justement un peu à toutes les heures passées à peaufiner des articles. Les commentaires du style « Wow! tu reçois tout ça juste parce que t’écris des affaires sur ton site??! », c’est pas cool. C’est tellement plus que ça. J’ai mentionné que je refuse de demander de l’aide à qui que ce soit, et bien ici c’est particulièrement le cas: mes contacts, je les ai tous trouvés de peine et de misère. Trouver l’adresse courriel de certains d’entre eux est digne du travail d’un agent du FBI. Mais je finis toujours par mettre la main dessus 😉 Même si certaines agences viennent vers moi, d’autres nécessitent plus de travail de ma part.

5) Le contenu. Écrire, c’est bien beau, mais être pertinente en plus? C’est encore mieux. Trouver du contenu original à offrir aux lecteurs à une époque ou presque tout a déjà été fait, c’est un casse-tête. Il faut faire face aux pannes d’inspiration à l’occasion, et quand tu veux garder ton blog bien vivant, ce n’est pas toujours évident. Mon flux inspiratoire prend souvent le bord, mais dans ces moments-là, je ne pousse pas la note. Je passe à autre chose et j’y reviens plus tard. Il faut aussi être prête à faire face à la critique. Mes articles ne plaisent pas à tout le monde, mais c’est la vie. Il faut essayer de prendre tout ça avec un grain de sel, sinon bloguer ne sera plus un plaisir.

Gérer son blog, c’est un peu comme avoir sa propre petite compagnie. Il faut se vendre, il faut aller vers les autres et il faut y mettre tout son cœur, toujours.

  • Aloha Marie-Eve,
    Formidable article, tu as raison de rappeler combien on bosse derrière nos écrans pour proposer du contenu original et percutant.
    En plus du texte, il y a aussi les images qu’il faut soigner, le SEO évidemment et aussi le SMO… En plus lorsqu’on a la chance d’être commenté, c’est le début de la gloire pour nous !
    Mais ça rajoute aussi une petite dose de travail puisqu’il faut modérer les commentaires (Merci Akismet) et répondre à nos lecteurs pour commencer à créer des liens…

    Que d’heures passées à fignoler un article, à modifier une image, à faire la brasse coulée dans les extensions… Mais que de joies aussi !
    Pour moi, c’est passionnant !

    • Marie-eve

      Allô Virginie!

      Il faut que ce soit une passion justement, parce que sinon ça fait longtemps que j’aurais laissé tombé! Tu as raison pour les commentaires, c’est super d’en recevoir, mais il ne faut pas faire l’erreur de croire que personne ne nous lit parce qu’on reçoit peu de commentaires! C’est faux et il ne faut pas l’oublier.

  • Merci Marie-Eve pour ton article. Je m’y retrouve beaucoup.
    Quelle a été l’évolution de ton blog sur ces environ 24 mois de vie?
    = en combien de temps la « sauce » a t elle pris?
    Est-ce que tu as noué des amitiés particulières grâce à ce blog?
    Est-ce qu’il y a eu un point de tournant dans le nombre de tes visites, etc, etc,…

    • Marie-eve

      Bonjour Laura,

      En toute honnêteté, la première année, je passais pratiquement inaperçue. Ce n’est pas toujours facile de s’appliquer autant et mettre autant d’heures dans quelque chose qui ne rapporte pas grand chose, en boute de ligne. Puis, tranquillement (c’est bien ça, le problème, je veux tout trop vite) ma visibilité a augmenté, et certains de mes articles ont été lu par des milliers (carrément) de gens, et pour moi c’est énorme. Pour d’autres, c’est peu, mais il faut arrêter les comparaisons. Difficile, je sais.

      Mon point culminant a été quand le HuffPost m’a contacté pour publier un de mes article sur leur site. Ça m’a rendu très fière. Même si ça ne m’a pas vraiment ouvert de portes, comme on dit, j’ai la satisfaction d’avoir été publiée sur un site avec un très large public.

      De la patience, et encore de la patience c’est ce qu’il faut.

      As-tu un blog toi aussi?

  • C’est exactement ça, ton article relate bien notre vie de blogueuse ^^’