It’s my birthday and I’ll cry if I want to

C’est mon anniversaire aujourd’hui. Une année de plus. T’inquiètes, j’écris pas ces lignes en espérant crouler sous les souhaits de joyeux anniversaire. Tu t’imagines bien que j’ai passé l’âge. C’est seulement que, plus le temps avance, moins j’apprécie cette journée qui me tiraille l’esprit plus qu’autre chose.

Selon les dires de mes parents, parait que j’étais quelque chose plus jeune. Concernant ma fête, je veux dire. J’en parlais des mois à l’avance, et probablement que j’en dormais pas la semaine avant aussi. C’est certain que recevoir un paquet de cadeaux comme si c’était Noël six mois à l’avance y est pour quelque chose, mais c’était aussi parce que c’était MA journée. Noël, ça appartient à qui veut bien célébrer. Mais le 10 juillet, c’était à moi. La journée de l’année où les autres te font feeler spéciale, où tes moindres désirs sont pratiquement des ordres. J’aimais ce sentiment d’exclusivité, comme si la journée de ma fête était une journée à part du reste du calendrier.

anniversaire

Je pense que c’est ce que je recherche encore. J’en suis plus ou moins consciente. Je veux dire, traite-moi de niaiseuse si tu veux, mais c’est de même. Je veux que la journée de ma fête se distingue des autres journées. Ça donne quoi, un anniversaire, si finalement tout se passe comme n’importe quelle autre journée ordinaire? Ça fitte pas dans ma tête.

Je m’ennuie de l’excitation du matin d’anniversaire, du téléphone qui lâche pas de sonner, des cartes d’anniversaire qui se ressemblent toutes. D’ailleurs, j’ai toujours gardé toutes mes cartes de souhaits. Elles sont encore chez mes parents, mais je sais que je dois bien en avoir une centaine. Pas capable de me défaire de toutes ces preuves que des gens pensaient un peu à moi. Qu’elles aient été envoyées par obligation ou de bon cœur, je m’en sacre. Elles sont à moi.

Aujourd’jui, je suis un peu triste. Triste de ne plus être capable de ressentir ces émotions d’enfant, triste de constater que vieillir, c’est pas si hot que ça et fâchée de me rendre compte qu’on se sent pas si tant bien que ça dans la trentaine. 32 ans, c’est pas la fin du monde. Mais c’est déjà trop adulte. Ça se retrouve comment, un cœur d’enfant?

Je suis au travail en train d’écrire ces lignes (ouais, grosse journée). Comme tous les jours. Je vais retourner chez moi après mon shift, comme tous les jours. Tout se passe comme d’habitude. Pas de surprises. Pas de papillons. Rien. Un vendredi de plus en arrière de la cravate, quoi.

Je sonne vraiment pathétique. Je le suis peut-être, mais je mentirais tellement si je disais que ça me fait pas un petit pincement au cœur de me répéter qu’il faut que j’en revienne. Un anniversaire, c’est quand même pas un exploit. J’ai pas de mérite à être née quand tu y penses. Mais j’ai quand même le droit de vouloir célébrer le fait que je sois en vie et que j’avance d’une autre coche.

J’ai le droit de rêver de surprises, d’inattendu, de petites attentions. J’ai le droit d’être un gros bébé.

J’overreact en ce moment, mais je m’en fous. It’s my birthday and I’ll cry if I want to.