Je suis une introvertie, puis après?

Connaissez-vous le « awkward penguin », ce petit personnage célèbre des meme de l’internet? C’est en plein moi. Imaginez la fille qui met le party partout où elle va, celle qui connait tout le monde partout où elle met les pieds, celle qui a un nombre d’amis Facebook dans les quatre chiffres.

On en connait toutes au moins une. Ben moi, je suis tout le contraire de ça, mais pas à peu près. Moi dans la vie, si tous les partys pouvaient avoir un nombre maximum de 4 invités, ça ferait tellement mon affaire. Si je pouvais ne jamais avoir de coups de téléphone à passer, je ne m’en plaindrais pas. Et ainsi de suite.

« Il n’y a aucune corrélation entre être le meilleur parleur et être celui avec les meilleures idées. » – Susan Cain

Dit de même, on pourrait dire que je déteste les gens, mais ce n’est pas le cas (peut-être pas à 100%, mais en tout cas); c’est juste que je ne ressens pas le besoin d’avoir à toujours échanger avec eux. Je suis une fille solitaire, pour qui les moments de solitude sont pratiquement une question de vie ou de mort. C’est comme ça. Comme dans bien des cas, qui dit introverti dit aussi timidité. Tout pour aider ma cause, vraiment. Je suis une personne awkward, pour vrai si je me rencontrais, je serais probablement super mal à l’aise. J’ai une petite idée de l’impression que les gens ont lorsqu’ils me rencontrent pour la première fois, et ce n’est pas nécessairement positif, mais il n’y a absolument rien que je puisse faire. Être introvertie, ça ne se guérit pas, on prend pas des pilules pour soigner ça. On peut seulement apprendre à vivre tel qu’on est.

Quand tu stresses juste avant de passer un coup de fil à quelqu’un que tu ne connais pas, quand tu remercies le ciel tous les jours pour l’invention du courriel,  quand dans l’ascenseur tu pèses sur le bouton pour fermer les portes comme une débile pour être certaine de ne pas être prise avec une personne étrangère (oui je fais ça, désolée), quand tu fais de l’urticaire juste à penser de devoir parler devant plus que 3 personnes, tu sais que tu ne pourrais pas être plus introvertie que ça.

f1f623e15f6cc3b2f29519066dd84135

Ayez crainte des gens silencieux, ils le sont parce qu’en fait, ils réfléchissent.

 

Mais l’affaire, c’est que ce n’est pas grave, vous savez. Beaucoup de gens associent les gens introvertis avec le fait d’être faible et sans opinion, mais c’est tellement faux! J’ai une opinion sur à peu près tout ce qui est possible, c’est juste que je n’ai pas nécessairement envie de la partager avec tout le monde. Vous ne me verrez jamais raconter ma vie en 3 actes à quelqu’un que je connais à peine! De un, ma vie ne les intéresse pas pantoute, et de deux, la leur ne m’intéresse pas plus. Pourquoi? Parce que je n’ai pas de lien avec eux, et surtout, je n’ai pas encore bâti une confiance.

Je préfère vivre dans ma tête, parce que c’est ainsi que je me sens le plus en sécurité. Dans ma vie, j’ai été souvent déçue par les gens et c’est ma façon à moi de me protéger. J’ai besoin d’avoir mon propre monde à moi toute seule dans ma tête. J’ai longtemps culpabilisé d’être une intro, comme si c’était un défaut! Ce n’est qu’un trait de personnalité, mais en dessous de ma carapace, je gagne vraiment à être connue, promis!

 

Voici quelques fausses idées que j’ai envie de rectifier. Je parle ici de moi-même, mais je suis convaincue que certains faits s’appliqueront à d’autres aussi:

1. Je suis snob: FAUX

Eh boy, je n’ai pas assez de doigts pour compter le combien de fois qu’on m’a traitée de snob, de fille au-dessus de ses affaires, de hautaine. Si tu perçois le fait que pendant que j’apprends à te connaitre, je t’écoute plus que je ne parle comme du snobisme, je ne peux rien faire pour toi. Si parce que je ne me mélange pas facilement aux autres fait en sorte que tu te dis que je me pense meilleure que les autres, je te réponds que j’ai seulement besoin d’observer les gens et de les « feeler » avant de me sentir un peu plus à l’aise. Voilà, c’est pas plus compliqué que ça et si ça peut te rassurer, non, je ne me prends vraiment pas pour le nombril du monde.

2. Je n’ai pas d’émotions: FAUX

Celle-là me fait bien rire, parce qu’au contraire, je considère que j’ai TROP d’émotions. J’aimerais ça des fois me sacrer de tout, mais la nature ne m’a pas faite ainsi. Tout me met à l’envers, je braille à rien, on dirait que je vis toujours mes émotions à la puissance 10. C’est toujours trop, jamais pas assez. L’affaire, c’est que je ne le montre pas. Tout est en dedans. Tu pourrais me traiter de tous les noms que je vais figer comme un bloc de glace, sans rien répondre. Mais dans ma tête, je suis en train de te donner une sacrée volée. À l’inverse, tu me donnerais le plus beau des cadeaux que j’aurais l’air de m’en ficher royalement. Pourtant, je suis tellement énervée que j’exploserais.  Je sais que ça peut mal passer, mais crois-moi, c’est vraiment juste qu’il y a tellement de choses qui se chamboulent dans ma tête en même temps et que je gère bien mal tout ça.

3. Je déteste les gens: FAUX

Comme je le mentionne plus haut, je comprends que la ligne est mince. En réalité, c’est que je choisis de me dévouer et me consacrer aux gens en qui j’ai confiance et que j’aime. J’ai le mérite de dire que je ne suis pas hypocrite; si je ne t’aime pas, je ne fais pas semblant. Si tu ne m’aimes pas, je ne me mettrai jamais à genoux devant toi pour que tu m’acceptes. Si je me sens bien en ta compagnie, je serai la fille la plus drôle et généreuse que tu connais. Sinon, tant pis. Ça ne peut pas cliquer avec tout le monde, et je n’ai pas besoin d’avoir 4839239 amis Facebook et connaissances pour me valoriser. Laisse-moi seulement le temps de t’apprivoiser avant de dire que je ne t’aime pas.

4. J’ai une vie plate: FAUX

Le temps que je passe avec moi-même n’est jamais ennuyeux. Je ne trouve jamais le temps long. Au contraire, ce sont ces moments qui me permettent de rester connecter sur ce qui me fait réellement du bien. L’ironie, c’est que souvent je me sens bien plus seule lorsque je suis entourée de beaucoup de gens (dépendamment de qui, ça va de soi), mais souvent mon seul but est de filer à la maison et passer un moment tranquille avant que la journée finisse. Ne le prends jamais personnel si je refuse une invitation; j’ai seulement besoin d’un moment de solitude. C’est comme ça que je recharge mes batteries. C’est vrai que des amis, j’en ai pas des tonnes, mais ceux que j’ai sont les meilleurs au monde.

5. Je suis pessimiste: FAUX

Nuance: j’analyse. Peut-être trop, c’est subjectif, mais je préfère être réaliste que vivre dans l’illusion. Je ne me fais pas de fausses idées parce que trop souvent je suis tombée de trop haut. Si j’analyse autant, c’est parce que j’ai peur de me tromper et j’ai peur de faire les mauvais choix. Je ne veux pas te décourager quand je te remets les pendules à l’heure; je veux maladroitement te protéger. Quand je dis « ça marchera jamais », je ne baisse pas les bras. Je suis réaliste et j’ai pensé à tous les petits détails pendant que toi tu n’as pas assez fait le tour de la question.

 

Êtes-vous extravertie ou introvertie? Faites le test pour le savoir 😉

  • Comme je te comprends ! J’aurais pu écrire cet article tellement c’est pareil pour moi ! Combien de fois on m’a dit que j’étais hautaine alors que ce n’est que de la timidité ! J’ai déjà entendu aussi « tu n’as pas de caractère ». Plus jeune, ça m’avait fait souffrir mais aujourd’hui, ça me ferait rire si on me le disais à nouveau car je sais que ce n’est pas vrai :) L’essentiel c’est d’être bien avec soi-même !

    • Marie-eve

      Les gens essaient de nous faire culpabiliser d’être ainsi, mais s’ils essayaient de vraiment comprendre le pourquoi, ils ne le prendraient pas si personnel!

  • Ton article est vraiment parlant !!!
    Je te rejoins sur le côté solitude, souvent les gens ne comprennent pas quand on refuse des invitations ou autre mais ce n’est pas contre eux, c’est juste que notre manière à nous de se ressourcer c’est ça, alors que pour d’autre c’est sortir toute la nuit !

    • Marie-eve

      Oui, tout à fait!

      • Audrey R

        enfin quelqu’un qui me comprend… on me dit que je suis la reine pour poser des lapins, ce qui est vrai, mais sortir après le travail, même pour boire un verre, reste une sorte de travail!
        quand j’étais mariée (très peu de temps et avec un extraverti), j’attendais qu’il soit couché pour me consacrer à moi, quitte à dormir très peu.
        d’ailleurs pour celles qui ont répondu, vous avez réussi à vous mettre en couple? depuis que j’ai la trentaine, je n’arrive pas à me forcer comme avant… Déjà à 25 ans, je m’étais secouée pour faire plaisir à mes parents… cela a donné une relation de 3 ans et un mariage de 6 mois…

  • Très bon article. Je suis une introvertie affirmée! Pendant longtemps, je crois que je n’ai pas assumer cet état de fait, et je me forçais, aujourd’hui, à 30 ans je crois que je suis un peu près en paix avec moi même. J’ai besoin d’une certaine solitude, d’un espace vital…les autres vous catalogue tout de suite comme une personne hautaine, froide, snob…mais je m’en fiche maintenant.Et pourtant Je ne suis pas timide du tout, prendre la parole en public ne me dérange pas…comme quoi. En tout cas encore bravo pour l’article.

    • Marie-eve

      Merci!

      C’est vrai, avec le temps on finit par s’en ficher totalement, mais c’est toujours bien de rectifier quelques points 😉

  • Bonjour

    Je me reconnais dans beaucoup d’aspects et notamment la solitude. En outre, je déteste l’habitude qu’ont certains de se sentir obligés de parler d’eux tout le temps, par pur égocentrisme ou pour remplir le vide.
    J’ai besoin de cet espace de liberté et je lis beaucoup, du coup peu osent m’aborder à part mes amis lorsqu’ils me voient absorbés par un livre.
    Résultat tu as l’étiquette de snob, intello …
    Je m’en fiche maintenant car je préfère prendre mon temps plutôt qu’agir à toute vitesse et parler haut et fort.
    Merci pour cet article

    • Marie-eve

      Merci pour ton commentaire!

  • Je suis plutôt introvertie, moi aussi!
    Je n’aime pas du tout les grandes fêtes et je ne parle plus dès que le groupe dépasse 4 personnes (bon après cela dépend du niveau d’amitié que j’ai avec ces gens-là)!
    Le téléphone, j’ai réussi à vaincre cette peur grâce aux nombreux coups de fils que j’ai du faire à la place de ma mère pour les administrations et aussi grâce à mon entreprise.
    Sinon, lorsque je rencontre les gens, je suis plutôt sociable (sauf devant un grand groupe d’inconnu, je n’ose pas aller vers les autres)…

    • Marie-eve

      Le téléphone t’intimide moins maintenant, c’est déjà ça 😉

  • slim

    Je salue cet excellent billet et je voudrais rajouter quelques réflexions que je vis chaque jour , car depuis que j’ai découvert qui je suis , je le vis super bien :)
    c’est le profil type d’une personne rêveuse … on dois réfléchir avant de prendre une décision ou faire un choix … souvent indécis , on ne pourras jamais prendre une décision immédiate … car on doit tracer des voies dans la tête puis choisir la voie adéquate voire imaginer tous les scénarios possibles pour l’avenir, la solitude ou le retrait permet de se donner à l’introspection ou à la réflexion et la créativité … d’ailleurs on a également souvent des dons artistiques, et une sensibilité à l’art ou à l’artisanat plus développée que la moyenne , une personne rêveuse ne s’ennui jamais seule … elle vit dans son imagination … on cache les émotions , on ne montre pas l’angoisse et autres pour éviter les questionnement , on a une sensibilité très développée, mais intériorisée … on a souvent cru que les gens qui bavardent trop et montre les émotions sont les plus intelligentes … ah non pas du tout :)

  • Joli article, bravo, je me suis aussi tout à fait reconnu. Ou plutôt, puisque je suis plus vieux (47 ans), je me suis reconnu tel que j’étais à 25-30 ans. Au fond, mes fondamentaux n’ont pas changé (sensibilité, besoin de solitude, faible sociabilité, etc.), mais la façon dont ces fondamentaux influent sur mon comportement a bcp changé. Par exemple, avant, parler dans un dîner m’était très difficile, ça m’est très facile aujourd’hui, car les enjeux d’autrefois (plaire suffisamment pour me faire accepter) ont disparus (la vie avec ma femme me suffit amplement et je n’ai plus besoin de plaire à des gens pour échapper aux excès de solitude). Le téléphone m’angoissait, maintenant il ne fait plus que m’ennuyer. Etc.
    Avec le temps, si j’en crois mon expérience, ce qui change le plus, c’est le regard qu’on porte sur les autres. Façon polie de dire qu’on les surestime moins qu’avant.
    Les introvertis sont d’abord des hypersensibles, généralement intelligents. Au début de leur vie, ils attribuent spontanément ce même niveau de sensibilité aux autres. Alors, quand un introverti voit la facilité des autres à évoluer en société, il pense que ces autres sont beaucoup plus fort, confiants et courageux qu’eux. Après, on comprend que, si la plupart des gens sont plus extravertis que nous, c’est aussi parce qu’ils ont des limites que les introvertis n’ont pas : ils sont moins sensibles, et donc moins vulnérables, souvent moins intelligents, moins conscients de la nature du regard que les autres portent sur eux, moins aptes à habiter leur solitude, moins imaginatifs, etc.
    Chez moi, cette évolution s’est traduite par l’endroit où j’habite : centre-ville de Paris à 25-30 ans, petite ville de province à 40 ans, j’habite désarmais avec ma femme dans un vieux prieuré perdu à la campagne, où Internet me sert de lien au monde. Et je n’ai jamais été si heureux.

  • Willem

    Merci pour ce billet où je me retrouve. Je suis moi aussi un solitaire. Par contre, tu m’as l’air plus extrême que moi, je n’irai pas jusqu’à appuyer sur le bouton des portes de l’ascenseur pour y être seul. Peu de gens comprennent notre mode de fonctionnement et ne cherchent pas non plus à savoir, ils jugent de suite. Après est-ce que solitaire et introverti vont forcément de paire ? Ne peut-on pas être l’un sans l’autre ? Je trouve qu’être solitaire est une force. Certaines personnes souffrent de la solitude et ne sont rien sans les autres, ce qui ne pourra jamais nous arriver.

    Comment t’es tu rendu compte que tu aimais être seule ? Que la solitude t’allait ? Ce n’est évidemment pas de naissance, il y a toujours un truc qui fait que l’on devient/développe telle personnalité. Pour ma part, ça a commencé vers 11 ans mais c’est plutôt dans mes années de fac que je m’en suis rendu compte.

  • Il n’y a rien de mal ni d’anormal à celà . Il est important , au contraire d’avoir des moments à soi , des moments pour soi pour se régénerer , se ressourcer et pour créer . Pour se connaitre mieux et aimer davantage les autres il faut d’abord etre un bon compagnon pour soi . Je connais beaucoup de personnes qui détestent la solitude tout simplement parce qu’ils ne sont pas à l’aise avec eux meme et donc ..encore moins avec les autres. merci pour ce billet qui met au pilori les préjugés.

  • Marie-Sophie

    Ton billet est très parlant pour moi. Sérieusement dès les premières lignes je m’y suis reconnue, tu as su dégager LES points essentiels d’une personne introvertie c’est fabuleux !!!
    Pour ma part j’adore également la solitude, cela permet de me poser, de réfléchir sur moi même et de remettre les idées en place. Ensuite je suis quelqu’un qui analyse tout, je passe mon temps à observer le comportement du genre humain, et comme toi j’ai une opinion propre sur tout.
    Effectivement les gens pensent que je suis qqn de snob mais en vérité PAS DU TOUT, c’est même le contraire, j’adore faire de nouvelles rencontres mais pas n’importe lesquelles. Dès que je commence à connaître la personne je deviens chaleureuse, attentionnée, amusante, on ne me reconnaît plus.
    C’est vrai que mon copain me reproche aussi d’être pessimiste mais ce n’est pas tout à fait ça, comme tu l’as si bien expliqué je préfère être réaliste plutôt que de vivre dans l’illusion et bien souvent dans la vie j’ai été déçue, cette façon de penser est une force car en cas de pblm on est plus apte à rebondir.
    Enfin je n’ai pas un cœur de pierre, à chaque fois qu’une personne me le dit j’ai envie d’exploser en larmes mais je cache toujours mes sentiments, je suis très émotive et sensible.

    Je pense que les gens sont injustes en ayant toutes ces mauvaises idées sur les introvertis, être introverti n’est pas défaut c’est une qualité et j’en suis grâce à ton billet convaincue à 100%

    Un grand merci !!!

  • Cécile L.C.

    Juste, merci.

  • eduardo

    Je ne sais pas si on peut dire que les gens se font de mauvaises idées sur les introvertis… ça les inquiète, ce que l’on pense tout bas. Puisqu’on ne le dit pas, ce doit être horrible !
    Or, souvent, ils ne s’y trompent pas – donc leur représentation de la chose n’est pas si mauvaise que ça. Autant dire, notre silence les renvoi souvent à l’artificiel de leurs propos.
    Car, quand j’écoute en silence quelqu’un qui parle de lui (de lui, pas de ses vacances à la mer), de ses opinions comme de ses doutes, j’entends qu’il le sait.
    ‘Notre’ problème en effet c’est le temps que l’on a perdu en malaise d’être, décalés peut-être d’une époque, avant de se dire que nous sommes comme ça et qu’il en faut et que c’est même une force.
    Sinon, ça fait très plaisir lire quelqu’un le raconter, en couleurs fortes, à ma place :-)

  • Luca

    Bien qu’étant un garçon, je me suis vraiment retrouvé dans ce que tu as écrit! J’ai longtemps cru que j’étais timide alors qu’en fait, j’étais surtout introverti. Bien sûr, je crois qu’on a tous été un peu timide et je l’ai été aussi. Mais avec le recul, j’arrive à comprendre certaines de mes réactions qui n’étaient pas dues à la timidité. Par exemple, je me suis toujours senti en retrait dans des groupes. Et si une personne ne me plaisait pas ou s’il y avait trop de monde (y compris dans ma famille), je me taisais et je ne faisais qu’écouter la personne. C’est juste que je n’arrivais pas à trouver quoi dire dans les conversations.
    Je suis parti en camp de vacances en 2011 pour « soigner » ma « timidité ». Sur le court terme, ça se passait bien. Je jouais à l’extraverti. Mais quand je suis revenu, je me suis senti épuisé et je suis redevenu « timide ». J’ai attribué ce retour en arrière aux suites d’un deuil (j’ai perdu mon père en 2008) qui refaisait surface.
    Vers la fin de mes secondaires, bien que restant introverti mais toujours pensant que ce n’était que de la timidité, je commençais à m’affirmer. Et puis je suis parti en Irlande en échange où je suis toujours. La barrière linguistique a été très lourde pour moi. Vu que je n’arrivais pas à comprendre ce qu’on me disait, forcément aller vers les autres m’exténuait. Je n’avais pas peur de répéter ce qu’on m’avait dit. Mais à la fin, j’en avais marre (et les autres aussi donc…). J’ai passé les 5-6 premiers mois à m’efforcer d’être le plus extraverti possible. Je me suis même inscrit à un groupe de théâtre (que j’ai finalement abandonné). Finalement, j’ai compris que je ne pouvais pas changer.
    Désormais, j’essaie de m’accepter tel que je suis. Je me suis finalement trouvé une petite amie qui, elle, est extravertie mais qui apprécie mon côté « calme ». Je me suis fait quelques autres amis. La plupart, extravertis, en fait mais qui m’acceptent!
    Certes, ce n’est pas l’échange qui paraîtrait le plus « extraordinaire » aux yeux des extravertis. D’autres étudiants d’échange adorent sortir tous les soirs. Moi, je préfère rester au calme.

    Il n’empêche que, même si on commence à s’accepter, beaucoup de personnes encore ne nous comprennent pas. C’est limite un peu frustrant et on arrive presque à vous culpabiliser. C’est surtout vrai dans les échanges à l’étranger. Rester chez soi est considéré comme un gaspillage de temps car il faut sortir le plus possible pour en « profiter ». Souvent, on me dit « ça doit être ennuyant de rester tout le temps chez soi ». Il est vrai que je ne sors pas souvent mais je sors tout de même (même plus qu’en Belgique) et ça me convient parfaitement! Aussi, on vous « force » à vous intéresser à ce qui ne vous intéresse pas parce que ça fait « sociable ». Par exemple, même si vous n’aimez pas le foot (très difficile quand on est un garçon…), vous devez discuter foot!

    Voilà, désolé pour le long commentaire mais je sentais l’envie de partager mon expérience 😀

    • Marie-eve

      Merci d’avoir pris le temps de partager ton histoire :)