Ma relation amour-haine avec les réseaux sociaux

Des fois, je ne sais plus trop si je me réjouis d’avoir la chance de connaitre une ère technologique comme la nôtre, ou bien si je préférerais revenir 25 ans en arrière. Juste n’importe quelle époque où c’était encore possible de vivre sa vie sans avoir constamment l’impression de faire partie d’un concours de popularité. Sans à tout bout de champ avoir ce besoin de vérifier si le gazon du voisin est toujours aussi plus vert que le mien.

Dans mon monde idéal, seuls les bons côtés de la technologie seraient présents. J’adore avoir accès à pratiquement tout du bout de mes doigts, j’aime l’idée de connecter avec des gens de partout dans le monde, je trouve ça fabuleux. Mais ça s’arrête là pour moi.

Dans la vie, j’ai horreur de la mesquinerie. Et si y’a une place où on en trouve beaucoup plus qu’on en veut, c’est bien sur le web. Y’a pas grand chose que je trouve plus pathétique que de se cacher derrière un écran pour cracher du venin partout. Je comprends juste pas ce concept-là. Caler les autres pour se remonter? Basher pour avoir l’air cool? Insulter pour mettre du piquant dans sa propre vie trop poche? J’ai pas de réponse. Prenez le cas de Léa Clermont-Dion dernièrement. Elle a choisi (avec raison) de prendre un petit break loin de sa page Facebook parce qu’un cave lui a conseillé de se suicider suite à la diffusion de son documentaire, Beauté fatale. Entre ne pas aimer quelque chose et avoir des opinions autres et inciter quelqu’un au suicide, y’a ben une maudite marge. Je peux simplement pas comprendre une telle méchanceté. Je cite l’exemple de Léa, mais c’est sans parler de toutes les personnes qui se font intimider virtuellement d’une façon ou d’une autre. C’est un fléau qui, malheureusement, n’est pas prêt de prendre le bord. Et c’est assez pour me faire décrocher totalement.

Ma relation amour-haine réseaux sociaux.

« Je ne publie pas tous les hauts, et je ne cache pas tous les bas. J’essaie de vivre. Je n’essaie pas de convaincre le monde que j’ai une vie. »

 

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai passé à deux doigts de supprimer tous mes comptes de réseaux sociaux. J’apprécie Twitter pour l’accès rapide à l’information et la visibilité que mon compte me procure (aussi minime soit-elle). J’aime jeter un œil à mon fil Facebook quotidiennement pour lire ce que mes proches publient. Mon compte Instagram me permet d’espionner (c’est rien d’autre que ça, soyons francs) des personnalités publiques que j’aime bien. Mais au bout du compte, est-ce que tout ça a une si grande importance, à la fin de ma journée? Non. Vraiment pas, même. C’est vrai que j’ai l’impression de manquer quelque chose si je passe une journée sans lire mes fils d’actualité, mais au fond, c’est parce que c’est aussi une vilaine habitude dont j’ai peine à me défaire. Je suis pas mal certaine qu’à part une couple de selfies et de quelques photos de plats de resto, je rate pas grand chose. Si vous me suivez sur mes réseaux, vous savez que je ne suis pas celle qui pollue les feeds de tout le monde avec ma face. Même sur ce blog, je ne publie pas vraiment de photos de moi. Ce que je veux, c’est écrire, pas passer 58435 heures à essayer de prendre de belles photos de moi-même. Pis de toute façon, je ne trouve pas que je suis photogénique, alors ça tombe bien.

Mais le pire dans tout ça, et c’est là le côté toxique de la chose pour moi, c’est que parfois, les réseaux sociaux me donnent l’impression que ma vie c’est de la marde. Que je suis complètement à côté de la track. Pourtant, j’estime que j’ai à peu près tous les ingrédients pour mener une vie qui devrait me satisfaire. Qui publie des photos de sa face poquée en pleine grippe? Qui ose mettre en ligne des photos qui ne reflètent pas une vie excitante et tellement mieux que la tienne? M’a te le dire: personne. On se tag tous dans les restos les plus branchés, mais je vois jamais personne qui se tag au St-Hubert mettons. Je vois toujours les smoothies bleuets-kale-bananes-noix-patente, mais jamais la junk. C’est pas toujours facile de ne pas comparer sa propre vie avec celle des autres qui est exposée de façon aussi intime et glorifiée. Tout le monde se présente sous son meilleur jour, ce qui me rappelle cet article qui m’avait beaucoup fait réfléchir. Si vous lisez l’anglais, prenez deux petites minutes pour aller lire, ça vaut le coup. C’est vrai que c’est mon problème si j’éprouve un malaise à être témoin de la vie de tout le monde dans le détail, mais je ne suis certainement pas la seule. Les médias sociaux affectent les gens beaucoup plus que certains le laissent croire.

Je déteste ce côté compétitif et superficiel. Qui a la vie la plus cool? Qui a le plus de followers? Qui reçoit le plus de commentaires? Je vois des gens virer fous quand ils perdent des abonnés. Est-ce qu’un chiffre est vraiment représentatif de ce que je vaux, dans la vie? Si oui, ça va mal en sacrament mon affaire. Drôle d’époque, vraiment. Laisser de purs inconnus définir ce qu’on est.

C’est si tentant de vouloir ce que les autres ont que j’en oublie trop souvent ce que MOI j’ai. Y’a quelque chose de très malsain là-dedans, et c’est toujours cette raison qui me donne parfois envie de tirer la plogue, comme on dit. Mais, comme j’aime bloguer et maintenir mon site web, j’ai quand même besoin d’être présente sur les médias sociaux. Ça fait partie de la game. À moi de composer avec tout ce qui vient avec, mais les concours de popularité? Oubliez-moi. La méchanceté gratuite? Jamais. Je fermerai tout bien avant d’embarquer dans cette roue.

  • C’est tellement vrai ce que tu dis, et je trouve que le proverbe décrit bien la situation du monde d’aujourd’hui!!! :)